mercredi 6 décembre 2017

Qu'est ce qu'un rebelle ?


Lors de la sortie à la Cinémathèque des L2 du lycée le 13 novembre 2017, les terminales ont pu participer à l'atelier « rebelle au cinéma », où ils ont pu visionner plusieurs extraits de films ou documentaires sur l'image du rebelle.

Mais qu'est-ce qu'un rebelle ? Et quelle place a-t-il au cinéma ? Et comment est-il perçu par le public ?
Un rebelle, par sa définition, est quelqu'un qui s'oppose aux règles de la société, qui est donc à l'écart des autres. Au cinéma, il est souvent représenté seul, différent des autres, par un costume ou par la non mise en valeur par la lumière.

Le premier extrait visionné fait partie du film «  Viva Zapata »d’Elia Kazan de 1952. Il représente des paysans mal à l'aise, qui entrent dans le bureau du président. Le président est en hauteur par rapport aux paysans, qui sont montrés plus vulnérables, face au pouvoir et à la hiérarchie. Au moment où les paysans, déçus de leur échec, s'apprêtaient à sortir de la pièce, un homme se démarque et commence à s'approcher du bureau et dit au président que sa réponse ne le satisfait pas. Un duel commence, Zapata incarne le rebelle qui contre le président et ses propos, il ne crie pas, il expose ses revendications calmement.

Le deuxième extrait est une des scènes les plus importantes du film, de Francis Ford Coppola, «  Rumble fish », de 1983. On y voit une confrontation,un duel, entre deux groupes adverses. Ce duel représente une scène typique, pleine de clichés, de film de gangsters. Les deux clans arrivent, l'un après l'autre, sous forme d'une comédie musicale. Les clans sont représentés comme des rockstars. Puis, le rebelle arrive en moto et coupe la représentation des autres personnages.

Le troisième extrait, n'est pas un des moindres le film de Denis Hopper, « Easy Rider » de 1968. Nous y voyons trois motards qui débarquent dans une ville dont ils ne sont pas originaires, ils sont alors observés par les habitants. Au moment de s'arrêter dans un café, les bouchent se ferment, et les yeux s'écarquillent. Les hommes présents dans le café sont agressifs et intolérants face aux « étrangers », alors que les femmes présentes sont en admiration devant les trois hommes. Le réalisateur a souhaité mettre en avant le discours dominant masculin. Les trois motards, sont dans cet extrait, les rebelles, les marginaux.

Le quatrième extrait visionné est « Zéro de conduite : jeunes diables au collège » de Jean Vigo, de 1933 qui jusqu'en 1946 a été censuré. La scène se déroule dans un pensionnat de garçons très sévère, une révolte des jeunes éclate. Les traits des rebelles se dessinent. Les coussins volent, le vacarme est présent, ils s'insurgent contre des règles inhumaines et des punitions injustes. A la fin de l'extrait, le ralenti montre la révolte rêvée des enfants, comme une procession religieuse, on aimerait que ce soit eux qui gagnent de temps en temps.

Le cinquième extrait est un film étudiant pendant mai 68, plus exactement lors de la révolte étudiante et ouvrière : «  la reprise du travail à l'usine Wonder » est totalement filmée en plans séquences, il n'y a pas de montage. Les ouvriers sont en colère, ils sont révoltés face aux mauvaises conditions de travail dans les usines. Nous pouvons voir à l'image une femme au milieu, et de chaque côté d'elle se trouvent des ouvrier syndiqués. Elle raconte sa propre vie, elle ne « joue » pas de rôle. Elle expose ses propos.

Le dernier extrait visionné est un film de 1972, écrit et joué par le Groupe Medvedkine de Sochaux, composé de jeunes ouvriers travaillant à la chaîne aux usines Peugeot. C'est en réalité un film documentaire fait par des ouvriers pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail, ils racontent librement. Ils se révoltent en faisant un film, tout le monde ne pourrait pas oser dénoncer.

Pour conclure, le rebelle est représenté sous plusieurs aspects au cinéma. Qu'il parle fort ou qu'il parle doucement, il expose ses revendications et s’oppose à un ordre établi qu’il juge injuste. C’est une figure récurrente du cinéma et qui reste totalement moderne.

                                                                         Alos Noa TL2

samedi 2 décembre 2017

Duel à Nothing Gulch

Cette esquisse de planche reproduit les procédés cinématographiques caractéristiques de la scène de duel : plan général pour situer le décor, champ contrechamp en plan moyen puis en plan rapproché visage pour souligner l'antagonisme entre les deux duellistes et la tension grandissante, suggérée par les gouttes de sueur.



Amélie Bouvet et Timothé Béliard

vendredi 1 décembre 2017

Walt Disney, a hopeful guy / Walt Disney, un homme plein d' espoir

Erika : We noticed that your characters come from differents countries and have different looks, was it your intention ?
[Nous avons remarqué que vos personnages sont de nationalités et d'apparences différentes, est- ce intentionnel ?]

Disney : Je voulais que n'importe qui puisse s'identifier à chacun de mes personnages, peu importe notre apparence ou le pays d'où nous venons, nous pouvons devenir quelqu'un de bien.

Erika :Should we be a child to like your films ? Could you say you never grew up ?
[Faut-il être un enfant pour apprécier vos films? Diriez-vous que vous n'avez jamais grandi? ]

Disney : Non, nous n'avons jamais pris plus soin des enfants que des adultes, nos films plaisent aux plus petits comme ils plaisent aux plus grands. Je pense que chacun de noua gardé une âme d enfant, qui elle, ne grandira jamais.

Erika : Why did you start making cartoons ?
[Pour quelle(s) raison(s) avez vous commencé les dessins animés ?]

Disney : J'ai toujours été attiré par le dessin. Un jour j'ai dessiné une petite souris (Mickey Mouse) qui m' a permis de lancer ma carrière dans le dessin d'animation alors que je ne pensais pas que cela prendrait autant d ampleur.

Erika : Did you have troubles during your career ? If you did, how did you overcome them ?
[ Avez-vous rencontré des obstacles durant votre carrière ? Si oui, comment les avez-vous surmontés ?]

Disney : Il a fallu beaucoup d'argent pour réaliser ces rêves, ce qui a été un problème dans mes débuts, mais aussi la concurrence tout au long de ma vie.
il faut rester optimiste et cela m a donné envie de me battre encore plus pour réussir. La clef de la réussite est la confiance en soi, en croyant en ses rêves on peut tout accomplir.

Par Erika Smith du journal Broadsizes publié le 2 mai 1947

Les films d'animation française

En 1908, le dessinateur français Emile Courtet, dit Emile Cohl né en 1857 et mort en 1938, reprend le procédé de l'animation et réalise le tout premier dessin animé français sur pellicule photosensible de 35mm qu'il nommera Fantasmagorie. Ce film projeté pour la première le 17 août 1908 annonce l’œuvre d'un cinéaste imaginatif et créatif.

C'est en 1937 que le studio américain Disney sort son tout premier film d'animation, Blanche neige et les sept nains, d'après le conte des frères Grimm.

L'animation française a ensuite connu un moment de gloire assez important avec le dessin animé Le roi et l'oiseau de Paul Grimaut. Les textes sont de Jacques Prévert, d’après le conte de Hans Christian Andersen «La bergère et le ramoneur». Sorti en 1980, le film avait été entrepris en 1946. A sa sortie ce film a poussé Miyasaki et Takahata à concrétiser la création du studio Ghibli aujourd'hui mondialement connu.


Amandine LEBON et Louise  NUNES

Vocation : rigolo !

Interview imaginaire de René Goscinny

Le 20 décembre 1967 nous avons eu la chance de rencontré Monsieur René Goscinny lors de la sortie officielle du film Astérix le Gaulois, et nous lui avons posé quelques questions.

Jeasther: Pour commencer, comment vous est venue l'idée de créer des personnages tels qu' Astérix et Obélix ?

Goscinny : J'ai toujours été fasciné par les films humoristiques. Petit mon père m'emmenait souvent au cinéma voir des films de Buster Keaton. Il m'utilisait comme excuse pour aller voir ces films, par exemple quand j'avais une mauvaise note à l'école il m’emmenait les voir, mais quand j'avais de bonnes notes aussi. Le cinéma en général m'inspire beaucoup dans la création de mes personnages. Sans Laurel et Hardy, Astérix et Obélix n'existeraient pas, sans Le Voleur de Bagdad, Iznogoud n'existerait pas... La vie en général m'influence beaucoup également.

Jeasther: Pour vous que représentent les personnages d' Astérix et Obélix ?

G: Je voulais raconter les exploits d'un petit bonhomme, une marionnette qui passe à travers les événement de façon drôle, un personnage aussi perceptible.. .qu'une ponctuation, c'est de là que vient son nom, une référence directe à «l'astérisque», la petite étoile indiquant un renvoi. J'ai aussi choisi qu' Astérix et Obélix soient gaulois parce que je trouvais qu'ils représentaient bien les défauts et les qualités des Français.

Jeasther: De tous les personnages que vous avez créés, lequel vous tient le plus à cœur et pourquoi?

G: J'aime vraiment tous mes personnages, ils ont tous une signification importante pour moi, ils ont tous plus ou moins joué un rôle important dans ma vie, mais j'ai quand même une petite préférence pour Lucky Luke car c'est le premier personnage que j'ai créé. C'est en quelque sorte grâce à lui que ma carrière a démarré.

Jeasther: Qu'est ce qui vous a donné l'envie de travailler dans l'univers de la bande dessinée ou même du cinéma d'animation?

G: J'ai toujours eu cette vocation, petit déjà je disais « quand je serai grand, je veux faire rire ». Au collège j'avais un journal que j'étais le seul à composer et à illustrer, je cherchais la façon de m'adresser à un public et comme j'aimais dessiner je pensais que le dessin était la plus évidente. Concernant le cinéma comme je l'ai dit avant mon père m'y emmenai., D'ailleurs j'ai assisté à la projection de Blanche-Neige et Pinocchio à Paris, et ces deux projections m'ont réellement marqué, je m'en rappelle comme si c'était hier. L'univers de Walt Disney me plaît beaucoup.

Jeasther: Vous parlez de Walt Disney, a-t-il eu une importante influence sur vos créations?

G : Oui, Disney à une réelle influence sur mon travail. Avant de créer ma propre société, je n'avais qu'une envie : travailler pour Walt Disney, c'était mon plus grand rêve, malheureusement les choses ont fait que je n'ai pas pu, mais Disney a tout de même continué à influencer mon travail, je m'en suis clairement inspiré, je ne vais pas le cacher, la preuve, mon ami Gotlib me surnomme « Walt Goscinny ».

Jeasther : Merci d'avoir pris du temps pour répondre à nos questions, bonne continuation.

G : Merci à vous !


 Esther Vatageot et Jeanne Degret

Goscinny ou ''Walt Goscinny''

«Je crois qu'il faut écrire pour la bande dessinée comme il
  faut écrire pour le cinéma.» 
(René Goscinny)
 

René Goscinny est né le 4 août 1926 à Paris. Il passe une partie de sa vie en Argentine puis à New York où il devient traducteur dans une firme marocaine d’import-export. Appelé pour le service militaire, il retourne à Paris. Goscinny devient par la suite l'illustrateur officiel de son régiment, dessinant des menus et des affiches. N'étant pas convaincu par l'Europe, il retourne à New York rejoindre sa mère et tente sa chance en tant que dessinateur chez Walt Disney.

Pour commémorer les quarante ans de la disparition de René Goscinny, la Cinémathèque française à Paris a dédié toute une exposition temporaire à sa carrière et à ses inspirations. Elle sera visible du 4 octobre 2017 au 4 mars 2018. L'exposition veut montrer l'importance du cinéma chez Goscinny, grâce à des planches de dessins et des extraits de films. Ces derniers sont comparés et montrent la ressemblance frappante entre les deux comme on peut le voir à certains moment de l'exposition. Par exemple, trois écrans placés sur un mur mettent en parallèle le péplum de Mankiewicz, le film d'animation Astérix et Cléopâtre de Goscinny et l'adaptation d'Alain Chabat dans Mission Cléopâtre. Par ailleurs on en apprend plus sur ses plus grandes œuvres comme Astérix, Le Petit Nicolas et Lucky Luke. On aperçoit sa capacité surprenante à transformer les larmes en rire et les drames en comédie.

René Goscinny est plongé dès son plus jeune âge dans le cinéma, que ce soit en Argentine ou à New York, il voit et revoit tous les plus grands films hollywoodiens des années 20, 30 et 40, et plus particulièrement le cinéma d'animation. Ses plus grandes inspirations sont Walt Disney, Charlie Chaplin, Buster Keaton, les Marx Brothers et les westerns.

Goscinny n'a qu'un seul but : faire rire le plus de monde possible. Comme dit précédemment, il tente d'abord sa chance à New York, en espérant rencontrer son idole, Walt Disney, le plus grand producteur et réalisateur de dessins animés de son époque. Cela se révèle être un échec. Il dira plus tard : « J’étais parti aux États-Unis dans l’espoir de travailler chez Walt Disney, mais Walt Disney m’ignorait ». Il frappe alors à toutes les portes des éditeurs de New York, les studios d'animation et les agences de presse. Malheureusement il n'a droit qu'à des refus. Déprimé et démoralisé, il passe un an et demi sans emploi mais son rêve lui donne toujours de l'espoir.

Souhaitant devenir comme son idole, Walt Disney, Goscinny s'associe avec Albert Uderzo et Georges Dargaud dans le but de créer les Studios Idéfix à Paris. Suite à cela, il décide d'écrire un scénario à la narration cinématographique pour sa célèbre œuvre Astérix et Obélix.

En tout, Goscinny, a réalisé quatre longs-métrages : Astérix et Cléopâtre (1968), Daisy Town (1971), Les 12 travaux d'Astérix (1976) et la Bataille des Dalton (1978) mais il a participé à une centaine de films comme gagman ou comme scénariste. Sa fille Anne Goscinny en est persuadée : si son père n'était pas mort, il serait devenu cinéaste. 
 
Ainsi Cinémathèque nous nous plonge dans une exposition basée sur l'admiration profonde qu'avait Goscinny pour le cinéma et d'où était tirée son inspiration dans la réalisation de ses œuvres. L'exposition est conçue comme une promenade à travers le plus populaire des arts, le cinéma, revu et encore magnifié par le plus doué et le plus amoureux de ses captifs, René Goscinny.


Juliette PHILIPPE et Bérénice ROULAND


Sources
 
http://www.cinematheque.fr/cycle/goscinny-et-le-cinema-402.html
http://www.lefigaro.fr/cinema/2017/10/04/03002-20171004ARTFIG00049-la-cinematheque-francaise-immortalise-le-cinema-de-goscinny.php
https://www.franceinter.fr/culture/goscinny-et-le-cinema-la-veritable-passion


La vie / L'avis d'un costume


Chaque jour je me rappelle de ce si beau souvenir, celui de mes premiers moment de gloire. Chaque jour, j'observe de mes yeux ébahis ces gens défiler devant moi qui pour certains me portent une admiration sans égale. J'incarne une force et une féminité à toute épreuve. Je suis là, devant eux, protégée par cette vitrine symbolique, symbolique d'une réussite implacable. Mais cette gloire n'est rien sans le film qui m'a mis en tête d'affiche, l'histoire de Metropolis.
Ce film était muet, ce qui me plaisait car les acteurs ne jouaient que par leur gestes. Le calme et le silence étaient apaisants, mais aujourd'hui je suis confrontée à ce lourd silence de musée qui me pèse chaque jour un peu plus. J'aimerais revenir en 1927, revenir à mon unique gloire, seulement moi . Au jour d'aujourd'hui je suis mis au rang de ces antiquités : le praxinoscope, le zootrope, le thaumatrope, qui sont purement scientifiques alors que moi...je suis une femme.
Regardez-moi attentivement, posez vos yeux sur mes formes, observez ma grâce, arrêtez-vous sur mon regard, et vous voilà saisis d'admiration. Parfois j'aurais aimé être quelqu'un d'humain, comme vous par exemple, mais bon je suis condamnée à vivre cette vie immuable au seul rythme de mes pensées et de mes souvenirs. Comprenez que je ne suis pas de chair mais que j'ai une âme, et mon existence la reflète. Maintenant que vous en savez plus sur mon compte, vous penserez quand vous me verrez que je ne suis pas un objet banal, mais le robot de Metropolis.

Dans ce film je faisais le spectacle, maintenant je suis votre spectacle.


Texte de Marianne Guillard et Gwenaelle Collin
 Dessins de Marianne Guillard